Impossible d’imaginer le paysage urbain français sans la nuée de deux-roues qui slaloment entre les files de voitures. Pourtant, qui sait précisément ce que l’on peut conduire avec un simple permis B ? La réponse n’a rien d’évident, tant les catégories de cylindrées et les conditions de conduite varient. Décortiquons ensemble ce que permet vraiment votre papier rose.
Rappel
Avant de plonger dans les détails, posez-vous une question simple : cyclomoteur, moto légère, grosse cylindrée… quelles différences concrètes ? Voici les distinctions à connaître :
- Les véhicules dits de petit déplacement englobent les cyclomoteurs et les motos légères. Un cyclomoteur, c’est un moteur thermique jusqu’à 50 cm3 ou un moteur électrique de 4 kW maximum (soit 5,5 chevaux), avec une vitesse plafonnée à 45 km/h. Quant aux motos légères, elles sont limitées à 125 cm3 et 11 kW (15 chevaux).
- Les grosses cylindrées désignent les motos de plus de 125 cm3 et dépassant les 15 chevaux de puissance.
Le mot « scooter » recouvre en réalité plusieurs réalités : cyclomoteur, 125 cm3, voire plus.
A garder à l’esprit, Conduire un cyclomoteur
Souvent, le cyclomoteur représente le premier pas vers l’indépendance pour beaucoup de jeunes, accessible dès 14 ans. Pour grimper sur un « cyclo », voici ce qu’il faut remplir comme conditions :
- avoir au moins 14 ans ;
- pour ceux nés à partir de 1988 : être titulaire du permis AM, du BSR (certificat de sécurité routière), ou d’un permis de conduire en cours de validité ;
- pour ceux nés avant 1988 : aucun permis spécifique n’est requis, même si une petite formation à la conduite reste vivement conseillée pour la sécurité ;
- être assuré, disposer d’une carte grise et d’une plaque d’immatriculation ;
- rouler avec un véhicule équipé de tous les accessoires réglementaires ;
- porter un casque homologué et correctement attaché, ainsi que des gants certifiés CE ;
- garder les feux de croisement allumés en permanence (obligatoire pour tout cyclomoteur mis en circulation après le 1er juillet 2004).
Et n’oubliez pas d’appliquer quelques règles de conduite élémentaires pour rouler en toute sécurité.
Autorisation AM
Pour décrocher le permis AM, il faut :
- être âgé d’au moins 14 ans ;
- valider la partie théorique : ASSR 1 (en classe de 5e), ASSR 2 (en 3e) ou ASR pour les apprentis ou ceux ayant quitté le système scolaire ;
- réaliser une formation pratique d’au moins 8 heures dans une école de conduite ;
- constituer un dossier à la préfecture pour recevoir le permis.
Un certificat de fin de formation pratique délivré par l’auto-école permet de conduire cyclomoteur ou quadricycle léger pendant 4 mois, en attendant l’arrivée du permis AM officiel.
Le permis AM est valable 15 ans. Pour le renouveler, il faudra fournir une nouvelle photo et mettre à jour vos coordonnées personnelles.
Depuis le 1er mars 2019, l’examen pour le BSR a évolué suite au décret du 18 décembre 2018. En voici les points principaux :
La formation pratique passe désormais à 8 heures, durée minimale et non plus maximale.
La formation est structurée en 5 séquences distinctes, contre 3 auparavant. Deux nouveautés : un échange sur les représentations individuelles autour de la conduite et un focus sur les éléments du code de la route. Pour la conduite hors circulation, des volumes horaires minimums sont désormais imposés, afin d’adapter l’apprentissage aux besoins de chacun.
Un livret pédagogique fait désormais le lien entre élève, enseignant et parents : programme, objectifs, questionnaire préalable… tout y figure.
La présence d’un parent (ou représentant légal) devient obligatoire lors de la séquence de sensibilisation aux risques routiers si l’élève est mineur.
La liste des équipements de protection obligatoires s’est précisée : casque homologué, gants adaptés à la moto (marquage NF, CE ou EPI, ou bien renforcés et dotés d’une fermeture au poignet), veste à manches longues, pantalon ou combinaison, bottes montantes (les bottes en caoutchouc et coupe-vent sont exclues).
Ces mesures font partie de la modernisation de la formation décidée par le Comité interministériel de la sécurité routière. L’objectif : mieux protéger et responsabiliser les pilotes de deux-roues motorisés, dès l’apprentissage.
Actualités 2019, Ce que dit le code de la route
Certains comportements exposent à des sanctions immédiates :
- Rouler sans permis cyclomoteur : 35€ d’amende, immobilisation du véhicule possible, et aucune couverture en cas d’accident ;
- Oublier d’allumer ses feux pendant la journée : 35€ également ;
- Ne pas porter de gants homologués : 68€ ;
- Absence de casque, casque non homologué ou mal attaché, ou cyclomoteur débridé : 135€.
En savoir plus sur les différents permis
Si vous vous sentez perdu parmi toutes ces catégories, sachez qu’il existe des guides pour y voir plus clair. Téléchargez le livret d’information (Janvier 2020 – Format PDF – 161 Ko) pour faire le point.
Conduire un « 125 cm3 »
Que ce soit un scooter ou une moto légère, le « 125 » permet d’atteindre 100 km/h, parfois plus, et de circuler sur voie rapide ou autoroute. Ces performances exigent un minimum d’expérience. Pour prendre la route avec une 125, il faut :
- avoir au moins 16 ans ;
- détenir l’un des permis suivants : A1, A2, A3, AL ou A, ou bien être titulaire du permis B depuis au moins deux ans et avoir suivi une formation de 7 heures en moto-école ;
- souscrire au moins une assurance « au tiers » et détenir carte grise et plaque ;
- rouler avec un véhicule conforme à la réglementation en matière d’équipements ;
- porter casque homologué et gants certifiés CE ;
- garder les feux de croisement allumés en permanence (pour les véhicules mis en circulation après le 1er juillet 2004).
Le permis A1
Pour piloter une 125 cm3, le permis A1 est accessible :
- à partir de 16 ans ;
- après avoir réussi l’épreuve théorique générale (le Code) ;
- et l’épreuve pratique, qui se divise en deux : test sur le « plateau » incluant questions orales, puis conduite en circulation pendant 35 minutes.
À noter : si vous avez le permis B depuis au moins deux ans, 7 heures de formation suffisent pour accéder à la 125.
Dispense de formation de 7h avec le permis B :
Vous n’avez pas à suivre la formation si vous avez déjà été assuré, même une seule journée, sur un deux-roues 125 cm3 entre 2006 et 2010, ou si vous avez obtenu le permis A1 ou AL par équivalence sur cette période. Dans ce cas, conservez bien l’attestation de votre assureur, à présenter en cas de contrôle.
Rouler en « grosse cylindrée » (plus de 125 cm3)
Ici, on parle de motos capables de dépasser les 130 km/h. Pour piloter ces engins, une formation aussi exigeante que pour la voiture s’impose. Conditions à remplir :
- avoir au moins 18 ans ;
- posséder un permis moto A2, A3 ou A. Le permis A2 fixe une limite à 35 kW de puissance, avec un rapport puissance/poids inférieur à 0,2 kW/kg ;
- être assuré au moins au tiers et disposer d’une carte grise et d’une plaque d’immatriculation ;
- conduire un véhicule équipé de tous les dispositifs de sécurité obligatoires ;
- porter casque homologué, bien attaché, et gants certifiés CE ;
- garder les feux de croisement allumés jour et nuit (pour les véhicules mis en circulation après juillet 2004).
Permis A2 et A
Le permis A2, en vigueur depuis janvier 2013, autorise la conduite de motos jusqu’à 35 kW (48 chevaux). Son obtention demande :
- 18 ans révolus ;
- réussite à l’examen théorique ;
- validation de l’épreuve pratique en deux temps : un test sur le « plateau » avec questions orales, puis une session de conduite en circulation.
Le permis A permet de conduire toutes les motos, sans limite de puissance, side-car inclus. Depuis juin 2016, il s’obtient après :
- deux ans de permis A2 (accessible dès 18 ans) ;
- une formation complémentaire de 7 heures en moto-école.
Cas particuliers : tricycles à moteur
Pour les tricycles de plus de 15 kW, il faut soit le permis A ou A3, soit le permis B (délivré depuis au moins 2 ans) accompagné d’une formation de 7 heures.
Que ce soit sur un cyclomoteur, une 125 ou une grosse cylindrée, une chose ne change pas : la route ne pardonne aucun relâchement. S’informer, s’équiper, respecter les règles… autant de réflexes qui font la différence entre la légèreté de la liberté et la brutalité de l’accident. Reste à choisir votre monture, et à garder la tête sur les épaules, casque bien attaché.


