Maison Éthier : que deviennent les employés et les artisans du réseau ?

En 1946, l’entreprise Maison Éthier voit le jour au Québec, marquant le début d’un parcours singulier dans l’univers de la construction résidentielle et du design intérieur. La société se distingue rapidement par ses méthodes de fabrication et sa capacité à anticiper les évolutions du marché.Sa disparition en 2023 survient alors que le secteur fait face à d’importantes mutations technologiques et économiques. Derrière cette fermeture, une réalité demeure : l’avenir des employés et des artisans qui composaient le réseau reste largement méconnu.

Maison Éthier, une histoire singulière : héritage, innovations et marqueur du design québécois

Dans la ville de Saint-Basile-le-Grand, la devanture de Maison Éthier attirait le regard et symbolisait bien plus qu’une simple enseigne commerciale. Elle représentait une part du tissu local, une envie de renouveler le mobilier québécois sans renier ses racines. Dès ses débuts, la maison a misé sur une alliance exigeante entre recherche d’innovation et respect authentique des matériaux, imposant sa propre ligne dans le design intérieur et la construction.

L’entreprise s’est rapidement hissée parmi les figures reconnues de l’ameublement québécois. Son showroom, point de rencontre pour professionnels avertis ou simples passionnés, affichait clairement ses valeurs : exigence, conseil personnalisé, transmission d’un métier. Autour de la marque gravitaient plusieurs artisans fidèles qui imaginaient et réalisaient des collections durables, pensées pour traverser le temps, là où l’éphémère n’avait pas sa place.

Les liens avec d’autres acteurs locaux, Maison Corbeil, EQ3, Mobilier de Gaspé, Kastella ou Structube, montraient le choix de partager des idées et des pratiques. Le choix des matériaux, la traçabilité, le souci d’écoute et la transparence guidaient chaque collaboration, chaque chantier, chaque projet. Maison Éthier a su garder le cap et faire vivre son héritage tout en s’ouvrant sur de nouvelles façons de faire.

Le souvenir de la marque continue de tisser sa toile dans les archives de Saint-Jean-Richelieu et Basile-Saint-Jean. Des jeunes artisans, aujourd’hui encore, revendiquent cette filiation et réinventent à leur tour le mobilier québécois, imprégné de l’esprit maison et d’un profond respect pour l’artisanat local.

Groupe de trois employés en réunion dans un bureau lumineux

Que deviennent les employés et artisans du réseau après la fermeture ? Parcours, reconversions et transmission du savoir-faire

La fermeture n’a pas dispersé tous les savoir-faire dans la nature. Plusieurs artisans, menuisiers ou ébénistes issus de l’équipe ont poursuivi leur route dans la rénovation résidentielle, certains montant leur propre atelier, d’autres rejoignant des petites structures où la passion du métier se transmet. Leur expérience, affinée chez Maison Éthier, bénéficie aujourd’hui à une nouvelle génération, désireuse de prolonger un chapitre collectif marqué par le travail manuel et les belles pièces durables.

D’autres profils, comme les responsables de projet ou conseillers, se sont tournés vers la consultation. Leur expertise reconnue en accompagnement personnalisé convainc une clientèle soucieuse de retrouver l’écoute et l’attention qui faisaient la signature de Maison Éthier. Nombre d’anciens collaborateurs continuent d’œuvrer au sein de différentes équipes partenaires et perpétuent ainsi la culture de proximité entre clients et créateurs.

De leur côté, certaines associations regroupent aujourd’hui d’anciens employés. Ensemble, ils veillent sur la préservation des archives et partagent volontiers leurs techniques : plans, carnets, astuces glanées au fil des décennies. Ce socle de ressources inspire de nouvelles pratiques, tout en offrant un appui solide à celles et ceux qui rêvent de réinventer le mobilier québécois durable et local.

Dans les ateliers, au détour d’une réunion ou d’une transmission entre anciens, la marque Maison Éthier ne s’est jamais effacée. Et rien n’empêche d’imaginer que la mémoire collective, héritage vibrant, serve encore de tremplin à la prochaine génération du design québécois.

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